Créer son entreprise

Micro entreprise ou SASU : notre comparateur

Vous hésitez entre SASU ou micro entreprise ? Découvrez laquelle serait la plus adaptée pour porter votre projet.

Sarah Schnebert
Publié le
20/5/21
Mis à jour le
11/6/21

Pour aller droit à l'essentiel

Vous êtes indépendant et vous souhaitez créer votre entreprise ? Vous hésitez probablement entre deux options : créer une SASU ou devenir micro-entrepreneur (ex auto-entrepreneur). Comment décider ? Quelles différences ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? Le match SASU versus micro entreprise : c’est par ici ! Blank vous donne toutes les réponses (avec des notations !) pour faire le meilleur choix.

Micro entreprise ou SASU : la création

Avant de commencer, il est essentiel de préciser que si la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) est un statut juridique (on dit plutôt dans le langage courant une “forme” juridique), la micro entreprise n'est pas un statut mais un régime. Ce régime fiscal et social simplifié a bien évolué depuis sa création. Il est désormais très majoritairement utilisé par les indépendants exerçant sous le statut de l’entreprise individuelle. Depuis 2017, il est aussi disponible pour une forme précise de société : l’EURL ! 

Il est tout à fait possible de cumuler la forme juridique de l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) et bénéficier du régime fiscal simplifié de la micro entreprise.

Micro entreprise ou SASU : les formalités de création

Simplicité de création : avantage micro entreprise ⭐️⭐️⭐️

Comme nous venons de le dire, la micro entreprise n’est pas un statut juridique. Exit les formalités nécessaires à la création d’une société (immatriculation, dépôt de capital, écriture des statuts, etc.). Pour créer une micro entreprise, il suffit de faire une déclaration d’activité de micro-entrepreneur auprès d’un centre de formalité des entreprises ou sur internet (via le site autoentrepreur.urssaf.fr). Suite à quoi, vous recevrez par courrier un numéro SIREN qui vous permettra d'émettre des factures.

Attention : suite à un changement de loi, vous devez ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité de votre micro entreprise si votre chiffre d’affaires dépasse les 10 000 € pendant deux années consécutives.

Notre conseil : ne perdez pas de temps, et ouvrez tout de suite un compte pro en ligne ! Chez Blank, par exemple, nous proposons une offre sur-mesure pensée pour les micro-entrepreneurs, comprenant aussi des assurances, une assistance jurdique comptable et fiscale ainsi qu’un écosystème d’outils de gestion pour simplifier le pilotage de votre activité. Sachez également qu’en cas de contrôle fiscal, il est préférable de bénéficier d’un compte pro séparé pour bien distinguer votre patrimoine de celui de votre entreprise.

Dans le cas d'une création de SASU, il faut rédiger les statuts de la société, nommer un dirigeant et/ou un commissaire aux comptes, constituer un capital social puis faire un dépôt de capital social sur un compte professionnel bloqué, publier une annonce légale de constitution, déclarer des bénéficiaires effectifs... En résumé, les formalités classiques d’une création de société.

Sachez toutefois que dans le cas du capital social de la SASU, le montant est libre avec un minimum d’1 € symbolique. L’apport de fond n’est donc pas un élément majeur de différenciation avec la micro entreprise.

Micro entreprise ou SASU : le coût de création

Coût de création : avantage micro entreprise ⭐️⭐️⭐️

L’immatriculation de la micro entreprise est gratuite ! Sauf si vous exercez une activité d’agent commercial, auquel cas vous devez vous immatriculer au Registre Spécial des Agents Commerciaux (RSAC) pour un montant d’environ 27 €.

L’immatriculation de la SASU coûte en moyenne de 270 € à 1500 € en fonction de vos besoins. Pour la facture détaillée, comptez :

  • Environ 40 € d’immatriculation au Registre des commerces et sociétés ;
  • Environ 230 € pour le Registre des métiers (si vous êtes artisan, par exemple) ;
  • Environ 230 € pour la publication au journal d’annonces légales ;
  • De 200 à 1000 € si vous faites appel à des experts comptables ou des avocats pour vous conseiller. 

Micro entreprise ou SASU : ouverte à qui ?

Universalité : avantage SASU ⭐️⭐️⭐️

En SASU, quasi-toutes les activités sont accessibles, à l’exception :

  • Des activités de santé ;
  • Des agents artistiques ;
  • Des agents touristiques ;
  • Des débits de tabac.

Dans le cas de la micro entreprise, son régime fiscal particulier la rend incompatible avec certaines activités : 

  • Les bénéfices agricoles ou les activités rattachées à la Mutualité Sociale Agricole ;
  • Les activités relevant de la TVA immobilières (comme agent immobilier, par exemple) ;
  • Les activités libérales relevant d'une caisse de retraite autre que la Cipav ou de l'assurance retraite, soit : professionnels de santé (médecin, infirmier...) ou du droit (avocat, experts comptables…) ;
  • Les officiers publics et ministériels ;
  • Le commerce de véhicules neufs ;
  • Quelques activités financières (opérations sur les marchés à terme, sur les marchés d’option négociable, sur les marchés de bon d’option) ;
  • Les activités artistiques dont la rémunération provient des droits d'auteur, la production littéraire ou scientifique. 

En sachant toutefois que SASU et micro entreprise sont toutes deux accessibles aux demandeurs d’emploi, aux étudiants et aux personnes retraitées.

Micro entreprise ou SASU : l’activité au jour le jour

Micro entreprise ou SASU : la protection sociale

Couverture sociale : avantage SASU ⭐️

Côté protection sociale, le micro-entrepreneur est un travailleur non salarié affilié à la sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations sociales sont proportionnelles à son chiffre d’affaires et prélevées par l’URSSAF en fonction de son activité. Si le chiffre d’affaires est nul, la protection sociale est impactée, c'est-à-dire les indemnités journalières, les allocations et les droits à retraite.

Pour la SASU, la protection sociale de l’associé unique est celle d'un « assimilé salarié », c’est-à-dire affilié au régime général de la Sécurité sociale. Elle est proportionnelle à sa rémunération, qui est fixée dans les statuts. Ainsi, les taux de remboursement des soins, des indemnités journalières et des prestations familiales de la Caisse d’Allocations Familiales sont similaires. En revanche, il serait opportun de souscrire à une assurance chômage et prendre un régime de retraite complémentaire.

Micro entreprise ou SASU : le chiffre d’affaires

Seuil du chiffre d’affaires : avantage SASU ⭐️⭐️⭐️

Si le régime de la micro entreprise a beaucoup évolué depuis 2009 (avec un allongement considérable du seuil de chiffre d’affaires), son CA reste un de ses inconvénients majeurs !

Ainsi, son chiffre d’affaires annuel ne peut dépasser :

  • 176.200 € pour les activités commerciales ;
  • 72.500 € pour les prestations de service.

Si ces plafonds sont dépassés, le micro-entrepreneur bascule automatiquement dans le régime de droit commun de l’entreprise individuelle. Il perd son droit à une comptabilité simplifiée et doit éventuellement déclarer la TVA.

Dans le cas de la SASU, pas de plafond maximum. Peu importe le montant du CA, le régime fiscal de la société n’est pas impacté. 

Micro entreprise ou SASU : la comptabilité

Obligations comptables : avantage micro entreprise ⭐️⭐️⭐️

C’est un des signes distinctifs de la micro entreprise ! Les exigences en termes de comptabilité sont considérablement amoindries par rapport aux sociétés. Le micro-entrepreneur doit déclarer ses revenus, produire des factures et des devis et tenir des écritures comptables (via un cahier ou un document numérique simple), et c’est tout !

Sauf dans le cas d’une activité de vente qui implique de tenir un registre récapitulatif de ses achats. 

La SASU, quant à elle, est une société commerciale. Elle doit donc tenir une comptabilité régulière jusqu’à la clôture de l’exercice (produire un bilan et établir des comptes, réaliser des inventaires…) et conserver précieusement tous les documents comptables avec les pièces justificatives pendant dix ans. Seul allègement possible : si l’associé unique est une personne physique, la SASU est exemptée de l’obligation de dépôt annuelle d’un rapport de gestion.

Micro entreprise ou SASU : peut-on s’associer ?

Possibilité de s’associer : avantage SASU ⭐️⭐️⭐️

Le micro-entrepreneur a la particularité d’être seul : impossible de s’associer sans devoir changer de forme juridique. A l’instar de la SASU qui peut accueillir un ou plusieurs associés facilement... Mais elle n’est alors plus une SASU ! En accueillant de nouveaux arrivants, la SASU bascule dans une nouvelle forme. Elle perd le “u” de son acronyme (“unipersonnelle”) et devient sa “grande soeur”, la SAS (société par actions simplifiées). Cette évolution ayant très peu d’incidence, on peut donc considérer que la SASU est une forme propice à l’accueil d’un ou plusieurs associés. 

Micro entreprise ou SASU : le cumul avec le chômage 

Cumul avec le chômage : avantage SASU ⭐️

Il est tout à fait possible d’être micro-entrepreneur et demandeur d’emploi. Seulement, ce cumul a un impact sur l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE). Si vous déclarez ne rien avoir perçu, vous touchez l’intégralité de votre ARE. En revanche, si vous déclarez un revenu, cette somme a un impact sur votre ARE qui est revue à la baisse par le Pôle Emploi. 

Dans le cas du cumul SASU et chômage, vous pouvez décider de percevoir votre ARE dans son intégralité en ne vous versant pas de rémunération. Dans ce cas, votre SASU grandit, réalise des prestations et son patrimoine est préservé.

Micro entreprise ou SASU : l’imposition et le régime

Rentabilité : ça dépend !

La question de la rentabilité est plus complexe. Par exemple, comme nous l’avons vu plus haut, une SASU a plus d’obligations comptables. Elle peut donc avoir des frais bien plus élevés si elle fait appel aux services d’un expert comptable. 

De même, dans le cas du cumul chômage et SASU, la SASU est plus rentable, nous venons de le voir.

Contrairement au micro-entrepreneur, l'associé unique de la SASU peut récupérer des dividendes. Le patrimoine de la SASU est aussi mieux protégé en cas de défaillance. Néanmoins, les micro-entrepreneurs peuvent tout à fait opter pour le statut d’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) pour mieux isoler leurs biens. Ils sont malheureusement encore peu nombreux à le faire.

Côté frais, un micro-entrepreneur ne peut pas déduire les montants de TVA qu'il paie lorsqu’il fait des achats professionnels, contrairement à la SASU, qui dispose d’un patrimoine professionnel. 

Enfin, leurs régimes d'imposition sont très différents. La SASU relève de l’impôt sur les sociétés (IS), elle paie donc des impôts sur les bénéfices qu’elle réalise. Elle peut optimiser son imposition en réalisant des arbitrages « rémunération/dividendes » et déduire ses frais professionnels. La micro entreprise relève de l’impôt sur le revenu, elle est donc imposée sur son CA. Quel que soit son régime fiscal (option pour le prélèvement libératoire ou barème progressif), elle ne peut déduire des frais ni optimiser son imposition. 

Laquelle est la plus rentable : tout dépend de votre activité !


C’est la fin de ce match entre SASU et micro entreprise 🏆 !

En conclusion : la meilleure forme, c'est celle qui s'adapte le mieux à vos besoins ! La SASU est plus appropriée si vous avez une idée de société bien en tête et que vous souhaitez un jour vous associer pour passer directement en SAS. Elle est accessible à tout un panel de métiers et permet de déduire ses frais professionnels. La micro entreprise est beaucoup plus simple et agile, avec très peu d’obligations comptables, idéale pour se lancer seul et tester une idée. Si vous êtes sûr de ne pas dépasser le seuil du chiffre d’affaires, allez-y les yeux fermés !

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