Le traducteur est un expert des langues capable de transposer dans une autre langue toutes les subtilités du texte qu’il traduit. Souvent exercé en indépendant, le métier de traducteur a aujourd’hui le vent en poupe. Découvrez tous nos conseils pour devenir traducteur freelance dans cette fiche métier.

Qu’est-ce qu’un traducteur ?

Le traducteur a pour mission de traduire un texte depuis une langue (la langue source) vers une autre langue (la langue cible).

Il doit restituer le plus fidèlement possible le texte original dans la langue cible sans perdre le style de l’auteur. Le traducteur doit bannir la traduction littérale au mot par mot et s’attacher à interpréter le texte.

Il peut être amené à collaborer avec différents métiers comme, par exemple, le webmaster pour traduire un site web ou avec le webdesigner.

Quelles différences entre traducteur et interprète ?

L’interprète est également un traducteur… Mais celui-ci est spécialisé dans l’oral alors que le traducteur ne s’occupe que de l’écrit. L’interprète est donc amené à traduire des discours ou des dialogues.

Le plus souvent, il doit traduire en direct la parole de l’orateur : c’est ce qu’on appelle l’interprétation simultanée. Il peut aussi prendre des notes et retranscrire le discours après que celui-ci soit terminé. On parle alors d’interprétation consécutive

Les interprètes de liaison sont souvent des professionnels de la traduction écrite qui sont capables d’interpréter des échanges plus informels (négociation commerciale…).

Zoom sur le secteur de la traduction

La traduction est une discipline assez demandée mais c’est également un domaine où la concurrence fait rage en raison du développement des techniques et de l’augmentation du nombre de traducteurs.

Les besoins en traduction sont nombreux et viennent aussi bien des entreprises qui veulent se développer à l’international que des administrations (organisations internationales, etc.). Plus rarement, les traducteurs peuvent aussi travailler pour des particuliers.

Peu de traducteurs travaillent comme salariés car il y a peu de postes dans le secteur. La grande majorité des traducteurs opte donc pour le travail en indépendant.

Il existe 3 principaux domaines d’activité pour les freelances traducteurs :

  • Le traducteur littéraire : il traduit des ouvrages littéraires au sens large (romans, livres pratiques…). Il travaille avec des éditeurs et est rémunéré en droits d’auteur.
  • Le traducteur technique : ce dernier exerce dans un domaine technique (droit, médecine, finances, audiovisuel…). Vous pouvez aussi être traducteur en langue des signes. Se spécialiser dans un secteur précis permet de facturer plus cher qu’un traducteur généraliste. 
  • Le traducteur assermenté : c’est un officier ministériel habilité par le ministère des Affaires étrangères. Il traduit des textes juridiques et documents officiels (actes notariaux, actes d’état civil…). Il peut également assister la Justice dans le cadre de son travail (garde-à-vue, écoute téléphonique…). Il établit des traductions certifiées conformes en apposant son tampon sur les documents traduits. Pour exercer, vous devez passer un entretien auprès de la Cour d’appel de votre lieu de résidence. Si vous réussissez l’entretien, vous devrez alors prêter serment. Vous pourrez vous inscrire à une liste nationale de traducteurs tenue par la Cour de cassation après 3 ans d’exercice. Sachez que l’agrément reste difficile à obtenir et quelques années d’expérience professionnelle sont souvent nécessaires pour devenir traducteur assermenté.
Selon la Société Française des Traducteurs dont le dernier rapport date de 2015, environ 16 000 personnes exercent le métier de traducteur en France.

Les missions quotidiennes d’un traducteur

Au quotidien, les traducteurs indépendants devront :

  • Traduire les documents demandés ;
  • Relire et corriger le texte traduit ;
  • Résoudre des dilemmes linguistiques ;
  • Se documenter sur un sujet précis ;
  • Gérer la relation avec ses clients (prospection, négociation, respect des délais…) ;
  • Piloter son entreprise (comptabilité, facturation…)

Les compétences pour devenir traducteur freelance

Pour devenir traducteur, vous devez :

  • Maîtriser à la perfection au minimum une ou deux langues étrangères (grammaire, conjugaison, syntaxe, vocabulaire, expression…). Si vous êtes multilingues (3 langues et plus), c’est un atout !
  • Maîtriser parfaitement sa langue natale : il faut savoir que vous traduisez en principe vers votre langue maternelle (donc vers le français) ;
  • Maîtriser Internet et les outils et logiciels de traduction comme DeepL, XTRF…
Une expérience à l’étranger est toujours appréciable pour les apprentis traducteurs !

Les qualités requises pour devenir traducteur

Devenir traducteur nécessite les qualités suivantes :

  • Être minutieux et précis : le traducteur a le sens du détail. Il sait que chaque mot utilisé dans le texte à traduire compte et doit être rendu le plus fidèlement possible ;
  • Être discipliné et organisé : en tant que traducteur freelance, vous travaillerez le plus souvent à votre domicile et devrez gérer votre emploi du temps vous-même. Vous devrez donc éviter de vous éparpiller et vous fixer des horaires de travail réguliers ;
  • Être curieux : être traducteur vous poussera sans doute à vous frotter à des sphères d’activité que vous ne connaîtrez pas ou peu. Aussi, posséder une bonne culture générale et avoir soif d’apprendre sont des qualités indéniables !

Études et formations pour devenir traducteur freelance

On peut devenir traducteur sans diplôme ! En effet, la traduction est une profession libérale non réglementée. Néanmoins, sachez que la majorité des traducteurs professionnels possèdent une qualification de niveau bac +5 qui leur assure les compétences nécessaires pour exercer. Voici les 2 voies principales pour être traducteur : 

  • Les écoles de traduction (privées ou publiques) : quelques exemples d’écoles reconnues : ISIT, ESIT, ITIRI, ESTRI, etc ;
  • L’université : une licence de langues (LEA ou LLCE) suivie d’un master 2 en traduction.

Le choix de vos langues est crucial et doit être stratégique : si l’anglais est devenu incontournable, la maîtrise d’une langue rare est souvent appréciée (russe, chinois…).

Pour devenir traducteur technique (par exemple, si vous souhaitez faire de la traduction scientifique ou de la traduction juridique) ou devenir traducteur assermenté, suivre un cursus dans le domaine concerné en plus de vos études de langues est un atout important sur le marché.

La rémunération d’un traducteur freelance

Les traducteurs freelances fixent eux-mêmes les tarifs de leurs missions. Ils peuvent être payés au mot, au feuillet, à l’heure ou à la journée. Le tarif peut varier énormément selon les freelances. Les tarifs s’échelonnent en moyenne entre 0,04 centime et 0,21 centime le mot.

Le salaire d’un traducteur indépendant dépend donc de son tarif, de ses diplômes, de son expérience, du degré de technicité du texte ou encore de sa capacité de travail. 

💰Selon l’APEC, un traducteur peut gagner entre 24 000 et 60 000€ brut par an.

L’important pour un traducteur freelance est de se faire connaître et de se constituer un portefeuille de clients. Avec Internet, il existe désormais de nombreux moyens de trouver des clients :

  • Passer par une entreprise de traduction ou une agence de traduction pour vendre vos services de traduction ;
  • Utiliser des plateformes généralistes ou spécialisées dans la traduction (par exemple, traduc.com) ;
  • Prospecter activement (par téléphone, e-mail…) ;
  • Faire appel à son réseau de traducteurs ou plus généralement à son réseau personnel et professionnel, etc.

Les 4 formes juridiques les plus adaptées pour devenir traducteur freelance

En tant que traducteur freelance, vous travaillerez seul. Vous devez donc choisir votre structure juridique en conséquence.

L’entreprise individuelle (EI, EIRL)

L’entreprise individuelle est l’option la plus simple pour débuter votre activité. Vous adopterez le statut de travailleur non-salarié (TNS). Vous serez imposé à l’impôt sur le revenu. 

Seul bémol, votre responsabilité n’est pas limitée en entreprise individuelle. Vous pouvez néanmoins choisir l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée) qui se différencie de l’EI par la possibilité de protéger votre patrimoine personnel.

La société unipersonnelle (EURL, SASU)

La société unipersonnelle est une option possible si votre entreprise se développe. La constitution d’une telle société s’avère plus longue qu’une entreprise individuelle et sa gestion plus lourde (comptabilité de trésorerie à tenir, etc.). 

En société unipersonnelle votre responsabilité est limitée aux apports. Vous avez deux choix principaux : l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) et la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle).

Le principe est l’imposition sur le revenu en EURL. En SASU, c’est l’impôt sur les sociétés qui prime.

En EURL, vous serez travailleur non-salarié comme en entreprise individuelle. En revanche, en SASU, votre statut social diffère des autres structures juridiques : vous êtes assimilé-salarié. Vous payerez donc plus de cotisations sociales mais bénéficierez d’une protection sociale plus étendue par rapport à un travailleur non-salarié. L’EURL et la SASU nécessitent la tenue d’une comptabilité de trésorerie. Il vous faudra donc tenir un livre-journal, un grand-livre et établir des comptes annuels.

Le traducteur micro-entrepreneur

Le régime de la micro entreprise peut être une bonne option pour démarrer votre activité de traducteur car il vous permet de tester si celle-ci sera viable. Le régime micro ne vous autorise pas à déduire vos charges mais ce n’est pas gênant pour les traducteurs qui ont en général peu de frais professionnels.

La principale caractéristique de ce régime est sa simplicité. Vous avez accès à un régime social et à un régime fiscal spécifiques.

Le régime micro-social vous permet de payer des cotisations sociales équivalentes à 22% de votre chiffre d’affaires.

Au régime micro-fiscal, vous êtes imposé à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices non-commerciaux (BNC). Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire pour frais professionnels de 34% sur votre chiffre d’affaires.

Votre comptabilité est réduite au minimum : il vous faudra simplement tenir un livre des recettes et un registre des achats.

En revanche, le régime de la micro entreprise vous impose une limite de chiffre d’affaires portée à 72 600€ de chiffre d’affaires hors taxes annuel en 2020 pour les activités libérales.

⚠️ Vous pouvez opter pour le régime juridique de la micro entreprise si vous choisissez le statut juridique d’EI, d’EIRL ou d’EURL.

Comment devenir traducteur ? Les démarches de création d’entreprise

La création d’une entreprise 

Ça y est, vous avez trouvé votre structure juridique ? Vous devez désormais réaliser votre déclaration de début d’activité. Pour cela, remplissez le formulaire P0 PL dédié à la création d’une entreprise individuelle ou le P0 PL micro-entrepreneur pour une entreprise individuelle sous le régime de la micro entreprise. Remplissez le formulaire P EIRL PL AC en cas de création d’une EIRL.

Envoyez-le avec les pièces justificatives nécessaires à votre Centre de Formalités des Entreprises (CFE). Les traducteurs étant des professions libérales, leur CFE compétent est l’URSSAF. 

Les pièces justificatives nécessaires sont :

  • Une copie de votre pièce d’identité ;
  • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
  • Une déclaration sur l’honneur de non-condamnation ;
  • Une attestation de notification au conjoint marié ou pacsé prouvant que vous l’avez informé des conséquences des dettes professionnelles sur les biens communs ;
  • En cas d'option pour l’EIRL, vous devrez effectuer une déclaration d'affectation afin de déterminer les biens affectés à votre activité professionnelle.

💡Ces formalités administratives se réalisent directement en ligne sur le site guichet-entreprises.fr.

La création d’une société unipersonnelle

La création d’une société est plus complexe. Vous devez : 

  • Rédiger des statuts ;
  • Déposer le capital social sur un compte dédié ;
  • Choisir la domiciliation de l’activité ;
  • Publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales.

Les formulaires à remplir sont les suivants :

Les pièces justificatives nécessaires sont :

  • Une copie de votre pièce d’identité ;
  • Le justificatif de domiciliation de votre société ;
  • Les statuts de votre société ;
  • L’attestation de publication au sein du journal d'annonces légales ;
  • L’attestation de dépôt de fonds ;
  • Le formulaire de déclaration relative aux bénéficiaires effectifs.

Envoyez votre dossier complet à l’URSSAF.

Autres spécificités pour exercer comme traducteur

Le traducteur indépendant peut choisir de s’assurer avec une assurance responsabilité civile professionnelle s’il juge son activité risquée mais ce n’est pas une obligation.

De plus, il ne doit pas oublier d’ouvrir un compte bancaire dédié à son activité professionnelle s’il réalise plus de 10 000€ de chiffre d’affaires annuel durant 2 années consécutives.

Se lancer dans la traduction est simple et facile, surtout en micro entreprise. À vous de jouer !

Tableau récapitulatif — devenir traducteur 


Domaines d’activité Traduction littéraire, traduction technique, traducteur assermenté
FormationProfession libérale non-réglementée, pas de diplôme obligatoire pour exercer Cursus recommandé en école de traduction ou filière langue à l’université (bac +5)
Rémunération moyenne24 000 à 60 000€ de chiffre d’affaires brut par an
Structures juridiques recommandéesEI, EIRL, SASU, EURL Option possible pour régime micro entreprise en EI, EIRL et EURL
CFE compétentURSSAF
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