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Vous êtes indépendant et paré à vous lancer. Il ne manque plus que l’acceptation de votre demande de crédit et le tour est joué ! Pas si simple : comment convaincre votre banquier ? À quoi devrait ressembler votre dossier ? Comment faire la différence ? Toutes les réponses dans cet article avec, en bonus, des astuces concoctées par notre équipe comptable.

Pourquoi faire un dossier de création d’entreprise pour la banque ?

Un dossier de création d’entreprise est un outil sur lequel vous appuyer si vous souhaitez faire une demande de crédit dans le cadre de votre projet d’entreprise ! Ce dossier permet de justifier votre demande et son montant, de présenter votre projet, de démontrer qu’il est viable...En sachant qu’une demande de crédit auprès de votre banque pour lancer votre entreprise est très différente d’une demande de crédit immobilier, par exemple. 

Dans ce cas précis, il s’agit de convaincre votre interlocuteur de la pertinence et de la viabilité de votre projet pour obtenir son soutien. De la même manière que vous croyez en votre projet, votre banquier aussi a besoin d’en être convaincu ! Ce dernier point est d’autant plus important que votre banquier ne connaît pas forcément votre secteur d’activité. C’est donc à vous de lui prouver que votre société fait la différence, tout en le familiarisant avec votre future activité. Imaginez donc ce dossier comme un document à la fois descriptif et persuasif, avec une possibilité de crédit à la clé. Vous pouvez demander ce crédit au moment de l’ouverture de votre compte pro, par exemple.

Puisque votre interlocuteur ne connaît pas forcément votre secteur, attention au jargon ! Vulgarisez au maximum, évitez les anglicismes, pensez à définir les termes techniques… Bref, facilitez-lui la lecture. Vous prouvez par la même occasion que vous êtes capable d’être clair et de vous adapter à une cible !

Que doit contenir un dossier de création d’entreprise pour la banque ?

Un dossier de création d’entreprise est généralement composé de deux grandes parties (et d’une annexe si nécessaire). Chaque partie vise à détailler votre projet pour prouver à la fois sa pertinence stratégique et sa fiabilité financière. Soit :

Partie 1: la présentation de votre projet

Cette partie va détailler : 

  • Votre profil et si nécessaire celui de vos associés (parcours professionnel et scolaire, vos points forts pour mener à bien le projet) ;
  • La genèse de votre projet (comment est née votre idée, une anecdote s’il y en a une, les motivations qui vous ont poussé à vous lancer… Votre “manifeste”, en quelque sorte) ; 
  • Une présentation de votre offre, de votre produit ou de la société reprise ;
  • Une présentation de votre business plan et votre stratégie ;
  • Un état du marché et de la concurrence, qui pointe également la niche où vous comptez vous placer ;
  • Votre positionnement (votre différence dont découle votre pertinence) ;
  • Vos objectifs à moyen terme ;
  • Si nécessaire, vos besoins en termes de moyens commerciaux (salariés, main d'œuvre) ou de moyens de production (fournisseurs, sous-traitants, matières premières...).

Faites attention à votre orthographe et à votre grammaire, mais aussi à vos sources, et à la lisibilité de votre format. Mieux vaut une présentation sobre et compréhensible qu’une présentation flashy mais trop encombrée ! Enfin, en dernière étape, pensez bien à ajouter un sommaire, à paginer votre document, et à indiquer vos coordonnées au début ou au dos de votre manuscrit.

Partie 2 : les prévisions financières

Cette partie plus technique est réservée aux chiffres et aux indicateurs. Elle liste les ressources dont vous avez besoin pour mener à bien votre projet, justifiant ainsi le montant du crédit que vous demandez à l’établissement bancaire. Elle témoigne aussi de la faisabilité financière de ce que vous entreprenez. Par exemple :

  • Votre compte de résultat prévisionnel (par exemple, sur une période de trois ans) ;
  • Vos besoins en fonds de roulement ou BFR (il s’agit de vos besoins de financement à court terme pour éviter d’éventuels découverts liés aux décalages dans votre trésorerie) ;
  • Votre EBE ou excédent brut d’exploitation (appelé aussi “cash flow”) qui permet d’indiquer les ressources que votre entreprise tire régulièrement pendant son cycle d’exploitation ;
  • Votre plan de financement initial (ce dernier met en parallèle vos besoins d'investissement, BFR inclus, et les ressources de financement) ;
  • Votre plan de trésorerie, appelé aussi “tableau de trésorerie prévisionnelle” (un tableau qui permet de suivre l’équilibre financier de votre entreprise et son évolution) ;
  • Le calcul de votre seuil de rentabilité, qui correspond au montant du chiffre d’affaires hors taxes à réaliser au cours d’une période pour commencer à générer un bénéfice. Pour faire simple : le moment où vous serez enfin rentable !

Pour cette partie, nos deux conseils : côté seuil de rentabilité, il n’est pas nécessaire de l'atteindre la première année, vous pouvez vous donner un ou deux ans. Enfin côté ratio, l'EBE est souvent très regardé par le banquier, qui peut le comparer aux ratio moyens de votre secteur pour diminuer le risque pris sur le projet. Anticipez-le et intégrez-le directement !

À quel moment envoyer son dossier de création à la banque ?

Relativement tôt : au moment de l’élaboration de votre projet !

Prenez rendez-vous avec votre banquier pour lui présenter votre projet, lui remettre une copie physique de votre dossier et faire votre demande de crédit. Si cette dernière est acceptée, félicitations, il ne vous reste plus qu’à ouvrir votre compte pro pour déposer votre capital et créer votre société ! (Sauf si votre entreprise n’a pas un statut de société.)

N’hésitez pas à faire jouer la concurrence ! Prenez rendez-vous dans différents établissements bancaires pour maximiser vos chances de réussite.

Que faire si le dossier de création est refusé par la banque ?

Votre crédit a été refusé ? Interrogez votre banquier pour en comprendre les raisons ! Légalement, tout refus doit normalement être argumenté. Cela peut être un manque de confiance dans la viabilité de votre projet ou dans votre investissement personnel. Même si ce n’est pas un moment agréable, comprendre les raisons de ce refus est essentiel pour vous améliorer. Et oui, l’échec est aussi au cœur de la vie d’entrepreneur, et une chose très positive !

L’idéal est de toujours prévoir environ 30% d'apport personnel par rapport à votre besoin de financement. C’est le meilleur moyen de prouver à votre banquier que vous êtes investi personnellement dans le projet !

S'il existe un droit au compte bancaire en France, il n’existe pas de droit au crédit. Mais ne baissez pas les bras ! Tout d’abord, parce qu’il existe de nombreuses aides pour créer son entreprise. Ensuite parce que vous pouvez également faire appel à un organisme public, la Médiation du crédit, qui se charge de défendre gratuitement vos intérêts et négocier pour vous auprès d’un établissement bancaire.


Vous savez tout ! Maintenant, à vous de jouer 😉 Notre dernier conseil : soyez confiant, et votre enthousiasme sera contagieux !

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