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Tout comprendre sur le microcrédit

Vous êtes indépendant et vous recherchez des financements pour votre projet en devenir ? Ne passez pas à côté du microcrédit !

Sarah Schnebert
Publié le
14/7/21
Mis à jour le
12/10/21

Pour aller droit à l'essentiel

Qu’ils soient professionnels ou personnels, les dispositifs de prêts continuent de progresser en France. En 2018, on estimait les encours de crédits alloués aux PME à 420,5 milliards d’euros*. Outils de dynamisation de l’économie, certaines formes de prêts permettent même de lutter contre la précarité, ou encore, de favoriser l’entrepreneuriat dans l'Hexagone. C’est le cas notamment du microcrédit, remis sur le devant de la scène par les organismes publics, et aujourd'hui modernisé par les acteurs de la Fintech. Avec des montants plafonnés et des délais d’emprunts allégés, le microcrédit est pourtant une solution de taille. Comment l’obtenir ? Qui propose le microcrédit ? Y êtes-vous éligible ? Associations, réseaux bancaires agréés ou encore comptes pro en ligne, les acteurs du microcrédit sont nombreux. Portrait d’un prêt pour tous les porteurs de projets.

Le microcrédit dans les grandes lignes

Qu’est-ce que le microcrédit ?

Tout comme le mot “micro-entrepreneur”, "microcrédit" tient son préfixe du grec “mikros”, qui signifie “petit”. Le microcrédit concerne donc des prêts dont les montants et les taux de remboursement sont de faibles valeurs.

Si le microcrédit est une aide au financement réduite, son importance est pourtant de plus en plus grande. Créé il y a 50 ans à l’initiative de l’économiste bangladais Muhammad Yunus, le microcrédit était avant tout destiné aux populations de pays “en voie de développement”. Depuis, son utilisation s’est largement étendue à travers les frontières, en faisant un outil incontournable de l’accompagnement et du développement solidaire. 

Objectif du microcrédit : apporter une aide financière aux personnes et/ou aux porteurs de projets n’ayant pas accès au système de crédit traditionnel.

À quoi sert le microcrédit ?

Lorsqu’un établissement bancaire ou un organisme créancier consentent à allouer un crédit, ils prennent un risque : la possibilité que le débiteur ne puisse pas s'acquitter de sa dette. Pour réduire ce risque au maximum, un créancier analyse donc soigneusement le profil du demandeur de crédit. Soit : ses dépenses, son épargne, ses revenus, bref, sa “capacité d'emprunt”. Des critères qui ne peuvent pas systématiquement être au rendez-vous pour tous les demandeurs de crédits.

Or, même s’il existe un droit au compte offrant à tous les Français l’accès à des services bancaires de base (virement, prélèvement, etc.), il n’existe pas de droit au crédit ! Ainsi, nombreuses sont les personnes ne parvenant pas réunir l’ensemble des critères jugés nécessaires par les établissements de crédit pour contracter un emprunt. 

C’est là qu’intervient le microcrédit ! Garanti par l’État et proposé par des banques et divers organismes, ce prêt réduit permet de financer les projets personnels ou professionnels d’individus précaires ou à faible capacité d’emprunt

Par exemple : un individu fiché à la Banque de France, interdit bancaire, ayant déjà souscrit à plusieurs crédits, ne disposant d’épargne, etc. Un individu fragilisé peut donc se tourner vers le microcrédit en cas de multiples refus. De par les faibles montants qu’il débloque, les délais de remboursement courts et les garanties assumées par l’État, le microcrédit présente moins de risques pour l’organisme prêteur.

Le microcrédit incarne une alternative de choix aux prêts classiques. Certains programmes sont destinés aux particuliers et d’autres sont spécifiquement pensés pour les professionnels.

Microcrédit personnel et microcrédit professionnel

Particuliers et porteurs de projets ont tous deux accès aux microcrédits. Les finalités et les organismes prêteurs ne sont en revanche pas les mêmes.

👉 Pour les particuliers, le microcrédit permet de lutter contre la précarité ou la marginalisation. Il est un outil d’émancipation et de réinsertion professionnelle, permettant d’avoir accès à un logement, à un travail et à des biens essentiels au quotidien. En revanche, il est rarement alloué pour rembourser des crédits en souffrance ou des retards de loyer. Le plus souvent, le débiteur est aussi accompagné dans la gestion de son budget.

Les microcrédit personnels sont généralement compris entre 300 et 3 000 €, avec un taux d’intérêt fixe et une durée maximale de 3 ans. 

👉 Pour les porteurs de projets, le microcrédit permet de faciliter l’accès à l’entrepreneuriat pour tous les indépendants. Il peut être un tremplin indispensable dans les premières années d’une activité, pour financer du matériel, des locaux, couvrir des besoins en fonds de roulement d’une trésorerie, etc. Il est proposé dans le cadre de programmes comme le NACRE (Nouvel Accompagnement à la Création ou Reprise d’Entreprise), par exemple.

Les microcrédits professionnels sont le plus souvent compris entre 500 et 10 000 €, avec une durée maximale de 3 à 4 ans. À cela s’ajoutent un taux d’intérêt de 6 à 7% (ou des frais de dossiers) et parfois la nécessité de contracter un deuxième prêt classique ou un prêt sur l’honneur.

Zoom sur le microcrédit professionnel 

Les programmes de microcrédits professionnels, tout comme les subventions à la création d’entreprise, permettent de mettre un projet à la portée d’une ambition. Et ce, même si les fonds ne sont pas au rendez-vous. Ces micro-prêts sont le plus souvent distribués par l’État, via des réseaux bancaires ou des organisations telles que l’ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique) ou PlaNet Finance.

Microcrédit professionnel : comment ça marche ?

Lorsqu’un microcrédit est réservé à un créateur ou repreneur d’entreprise, on parle plutôt de microcrédit professionnel. De plus en plus courants en France et souvent à l'initiative de l’État, ces emprunts avantageux ont permis de stimuler l’économie en encourageant les porteurs de projets. 

👉En règle générale, le montant d’un microcrédit professionnel ne dépasse pas les 10 000 € et une période de remboursement de 36 à 48 mois. Ce prêt est souvent rémunéré par un taux d’intérêt au moins égal à 5%***, qui peut aussi être remplacé par des frais de dossier

Enfin, comme dans le cas du NACRE ou de l'Adie, un microcrédit professionnel peut être accordé à condition de le compléter avec un prêt classique ou un prêt sur l'honneur.

Qu’il s’agisse de création, rachat ou consolidation d’entreprise, les programmes de microcrédit professionnels représentaient 600 millions d’euros tout confondus en 2011**.  Certains bénéficient également d’une garantie apportée par le Fonds de cohésion sociale (FCS) de l’État.

Créé en 2005 et géré par la Caisse des dépôts et Consignations, le FCS ou Fonds de cohésion sociale permet de garantir un certain nombre de prêts bancaires sous la forme de microcrédits.

En 2011, par exemple, on comptait environ 200 millions de prêts alloués à des indépendants sous la forme de microcrédits professionnels**.

Microcrédit professionnel : qui est éligible ?

En principe, tous les indépendants peuvent faire une demande de microcrédit professionnel. Le plus souvent, les conditions pour en bénéficier sont les suivantes :

  • Créer une nouvelle entreprise ou reprendre une entreprise de moins de 5 ans d’existence ;
  • Pouvoir prouver le refus d’une demande de crédit (sauf s’il s’agit d’un programme comme le NACRE, par exemple) ;
  • Demander un financement inférieur ou égal à 10 000 € (sans quoi le risque de refus est grand) ;
  • Pouvoir se porter garant en tant que personne à hauteur de 50% du microcrédit accordé.

💡Enfin, comme pour toute demande de crédit, il est toujours conseillé d’avoir à portée de main un dossier de création d’entreprise comprenant des projections chiffrées, la description du projet, de la cible ou des prospects potentiels, de l’offre de produits ou services, etc. En clair : des documents prouvant le caractère sérieux de votre démarche afin de convaincre l’organisme que votre projet professionnel tient non seulement la route, mais vous tient aussi à cœur.

Ainsi, une fois la demande de microcrédit professionnel accordée, les fonds peuvent financer des besoins professionnels tels que votre trésorerie, le capital social de votre société, l’achat d’un stock, de matériel, d’un véhicule, d’un atelier, etc.

Microcrédit professionnel : à qui s’adresser ?

Qu’ils émanent de l’État ou d’initiatives privées, plusieurs organismes sont à même de proposer des prêts sous forme de microcrédits afin d’aider les porteurs de projets. 

👉En premier lieu citons l'Adie ou Association pour le droit à l'innovation économique, association fondée en 1988 composée d’environ 140 agences en France. Après un premier rendez-vous proposé sous 10 jours, l’Adie propose aux porteurs de projets des crédits à un taux d’intérêt de 7,45% (remplaçable par des frais de dossier), et remboursables entre 6 et 36 mois. Un prêt sur l’honneur de 3 000 € minimum accompagne le plus souvent le microcrédit alloué par l’Adie. 

👉D’autre part, certains établissements de crédit (comme la banque OSEO, par exemple) et réseaux bancaires proposent des prêts sous le forme de microcrédit aux indépendants lorsqu’ils sont agréés par le Fonds de Cohésion Sociale. En complément, les conseillers peuvent recommander le dispositif NACRE pour bénéficier d’un accompagnement également sous la forme de coaching pendant les premières années d’activité.

👉D’autres organismes et associations sont agréés par le FCS : France Active, France Initiative, Les Restaurants du cœur, Le Secours Catholique, etc. Également, à l’échelle des territoires (citons Créa-sol en région PACA), ou encore, les chambres de commerce ou les chambres des métiers.


Petit crédit, grands pouvoirs, pourrait être la philosophie du microcrédit. Dispositif anti-précarité pour les particuliers, il est aussi un tremplin intéressant pour les indépendants. N’hésitez plus à le demander !



*Source : INSEE

**Source : https://www.economie.gouv.fr/facileco/microcredit

***Source : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/microcredit-professionnel


Écrit par

Sarah Schnebert

Ici Sarah, concepteur-rédacteur et spécialiste en stratégie de contenus depuis plus de 7 ans. Diplômée de Sciences Po Rennes, je suis surtout une ex freelance et une habituée des galères entrepreneuriales. Mon objectif chez Blank : allier cette expérience à nos ressources juridiques pour vous faciliter la vie.

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